TitreClementia : recherches sur la notion de clémence à Rome, du début du Ier siècle a. C. à la mort d'Auguste
Auteur(s)Flamerie de Lachapelle Guillaume
Année de publication2011
CollectionScripta antiqua
Volume33
VilleBordeaux
Isbn978-2-35613-044-0
ÉditeurAusonius Éditions
RésuméCe travail retrace l'évolution de la notion de "clementia" à Rome, de ses origines à la théorisation dont elle est l'objet dans le "De Clementia" de Sénèque. Une étude de vocabulaire illustre d'abord les idées variées, de la douceur au pardon que peut recouvrir le mot "clementia", tout en précisant les traits caractéristiques qui le distinguent d'autres termes dont le sens est proche. Un examen des origines de la "clementia romana" montre qu'elle est tenue depuis toujours pour une vertu ancestrale à Rome et qu'elle est propre à l'ensemble de la communauté civique : de ce point de vue, l'apport hellénique semble marginal. Relevant, à l'égard des hostes, d'une éthique qui exclut la pure générosité aussi bien que simple calcul, elle est généralement liée à la "deditio in fidem". Elle s'exerce difficilement dans un cadre interne à la cité à cause de la rigidité du cadre institutionnel. La troisième partie est consacrée à l'émergence de la "clementia" comme vertu impériale, favorisée par des facteurs philosophiques et sociaux. César, aprés avoir présenté sa clémence comme une qualité démocratique, s'oriente de plus en plus vers un usage monarchique de celle-ci. Auguste revient au contraire à une clémence qui se veut républicaine et respectueuse des lois, même si les oeuvres littéraires de son temps témoignent que sa "clementia" est perçue de plusieurs façons différentes. Tibère s'inscrit dans la continuité d'Auguste, mais Caligula et Claude suivent des orientations divergentes. Sénèque, dans le "De Clementia", s'efforce de fonder la "clementia" sur des bases nouvelles, mais son élève est incapable de suivre ses leçons -- Issue d'une thèse de doctorat (2006), l'étude insiste sur les métamorphoses que subit la notion de clémence entre César et Auguste en réfléchissant à sa perception dans l'Empire. Après une définition de ce que les Romains entendent par clementia, sont mis en évidence l'importance accordée à la clémence et l'articulation de deux tendances : une clementia individuelle et une clementia collective.
Nb de pages352
Prix10€
Poids450
DisponibilitéÉpuisé
4ème de couvertureOn se représente souvent l'histoire de Rome comme une succession de massacres et de crimes. C'est une tout autre face de la Romanité que cet ouvrage se propose d'aborder, puisqu'il explore le domaine de la clémence. Si les pardons accordés à Brutus par César, puis à Cinna par Auguste, sont passés à la postérité comme des actes exceptionnels, ce ne sont pas que des événements isolés. La clementia imprègne en effet de longue date la pensée morale romaine. Jadis apanage d'une nation dans son ensemble, elle s'identifie progressivement au pouvoir détenu par un seul Individu. Cette tendance culmine avec le gouvernement de Jules César. Fort de l'exemple malheureux de son prédécesseur, Auguste s'emploie ensuite à élaborer une nouvelle conception de la clémence, qui trouve un écho dans plusieurs oeuvres littéraires majeures de son temps. Motif de fierté patriotique, vertu du sage, qualité de l'homme d'État idéal ou pur caprice de despote, la clémence présente ainsi plusieurs visages qui se superposent ou contrastent entre eux. En les replaçant dans un cadre historique, juridique, philosophique et littéraire précis, ce livre entend rendre sa logique à une notion qui échappe à toute approche unilatérale, mais dont la réelle souplesse ne doit pas être confondue avec de l'incohérence.