TitreDialogue, dialogisme et polyphonie.
Questions d’énonciation dans les textes rhétoriques et philosophiques de l’Antiquité
Auteur(s)Anne-Marie Favreau-Linder, Sylvie Franchet d’Espèrey, André Rehbinder (éd.)
Année de publication2022
CollectionScripta antiqua
Volume163
VilleBordeaux
Isbn9782356135209
ÉditeurAusonius Éditions
RésuméPoser une question et y répondre aussitôt, changer tout à coup d’interlocuteur, faire parler une autre personne : autant de procédés – rassemblés sous l’appellation de dialogisme – que nous utilisons sans même y penser. Ces procédés, et bien d’autres, les auteurs grecs et latins les ont employés avec un art d’un raffinement parfois inouï : c’est le cas dans les discours d’un Eschine ou d’un Cicéron, dans des textes plus tardifs et sophistiqués comme ceux de Lucien de Samosate, mais déjà et surtout dans les Dialogues de Platon, où la création d’un dialogue devient la tâche centrale de l’œuvre philosophique de l’auteur. En outre, tous ces procédés ont été formalisés et analysés dans des traités théoriques, décrits dans des recueils d’exercices, destinés à la formation des futures élites. La linguistique de l’énonciation permet de mettre en lumière ce pan immense et méconnu de la littérature antique, tout en montrant la vitalité des textes anciens, où l’oralité est souvent présente au sein même du texte écrit.
Nb de pages414
Prix25 €
DisponibilitéÀ paraître
4ème de couvertureIssu de deux colloques qui se sont tenus successivement à Sorbonne Université (juin 2017) et l’Université de Clermont-Auvergne (octobre 2018), le présent volume rassemble vingt-trois articles consacrés à l’étude de l’énonciation dans les textes rhétoriques et philosophiques de l’Antiquité. Il propose une lecture des textes anciens informée par la conception bakhtinienne du langage. Contre la représentation de la parole comme actualisation isolée d’un système linguistique unique et abstrait, Bakhtine postule, d’une part, une pluralité de systèmes linguistiques concrets, de « langues », auxquelles le locuteur a affaire quand il parle, d’autre part, la primauté de l’interaction par rapport à l’énoncé. En somme, toute parole réagit à des prises de paroles antérieures et anticipe la réaction du destinataire au sein d’une situation d’énonciation donnée – ou construite par l’auteur. Pour le lecteur des textes anciens, qui a appris à les comprendre dans les grammaires et les lexiques, la tentation est grande de ne les voir que comme l’émanation d’un système linguistique figé : le présent volume propose au contraire de les voir comme une parole vivante, née au sein d’une interaction et prenant sens par rapport à elle.
Les études rassemblées abordent la question de l’énonciation sous deux aspects :
--->les unes analysent la représentation de différentes situations d’énonciation par les auteurs anciens et montrent son importance pour l’interprétation ;
--->les autres s’intéressent à sa théorisation antique. Si les termes linguistiques d’énonciation et d’interaction n’ont pas d’équivalents stricts chez les Anciens, les auteurs de traités ont cherché à définir les effets – et parfois les dangers – suscités par la présence de plusieurs voix au sein d’un texte écrit.

Le volume est organisé en trois parties, selon un double critère générique et chronologique : la première est consacrée à la pratique et à la théorie rhétorique ; la seconde porte sur le dialogue platonicien ; la troisième est centrée sur l’époque impériale, où le dialogue entre philosophie et rhétorique est si intense que la frontière générique s’estompe.