L’enquête de 1236-1237 sur les excès des baillis royaux en Entre-deux-Mers bordelais a été enclenchée par le roi d’Angleterre Henri III en réponse à des plaintes de ses sujets gascons et du clergé de la région. L’information qui lui est remontée est consignée dans un procès-verbal, élaboré à l’initiative de deux commissaires, reposant principalement sur les dépositions de 120 représentants des paroisses de l’Entre-deux-Mers ducal.
Ce document, exceptionnel par sa forme, l’est aussi par le nombre de sujets qu’il aborde et qui trahissent les préoccupations d’élites paysannes dont les fondements de la domination sociale sont mis à mal par l’installation des prévôts. Au-delà de ce qu’il donne à voir des rouages de ce nouvel échelon administratif et des violences qui accompagnent sa mise en place, ce riche procès-verbal dévoile les coutumes précoces d’une région rurale ainsi que de larges pans de la culture politique de cette partie de la paysannerie gasconne et jusqu’alors insoupçonnée. C’est la version latine inédite de ce procès-verbal, la plus longue et la plus précise, conservée dans le petit cartulaire de l’abbaye de La Sauve Majeure, qui est ici éditée, accompagnée de commentaires historiques, d’une traduction en français et d’un index.
La découverte d'un “trésor” médiéval disparu depuis la Révolution
Retrouvé de manière fortuite en 2002, le “Livre rouge” de l’évêché d’Aire-sur-l’Adour disparu depuis la Révolution est aujourd’hui conservé aux Archives départementales des Landes.
François Bordes et Jeanne-Marie Fritz, avec la collaboration de Françoise Lainé