Pictor 1
Peintures murales et stucs d’époque romaine. De la fouille au musée. Actes du colloque de Narbonne, octobre 2010 et du colloque
Date de parution : 01/01/2013
Pictor 15
Actes du 35e colloque de l'AFPMA, Chartes, 22 et 23 novembre 2024
Les trente-trois contributions issues du 35e colloque de l’AFPMA (Chartres, 2024) livrent l’actualité des recherches touchant aux décors peints et stuqués : des découvertes archéologiques récentes, dans les Gaules principalement mais aussi dans les Germanies et en Hispanie, des enquêtes iconographiques ou encore de travaux sur les techniques, qu’il s’agisse des techniques de réalisation antiques ou des techniques actuelles d’étude et de conservation-restauration. Ce sont ainsi tous les aspects de la peinture romaine qui se trouvent éclairés à travers ce volume qui rassemble archéologues, toichographologues, historiens de l’art, conservateurs-restaurateurs et archéomètres.
Ce quinzième volume de Pictor, collection de l’AFPMA, accueille les actes du trente-cinquième colloque de l’association qui s’est tenu à Chartres en novembre 2024.
La ville de Chartres-Autricum a livré de nombreuses peintures romaines, qui ont très tôt fait l’objet de prélèvements et de documentation adéquats. Depuis 2017, un projet collectif de recherche (PCR) s’est attelé à l’étude de ce riche corpus. Le colloque chartrain a été l’occasion de présenter certains de ces résultats, qu’il s’agisse d’études de petits lots, de reprise d’études anciennes, de synthèses sur les graffiti ou les matériaux, ou encore d'opérations de conservation-restauration. Un article est ainsi dédié au processus de restauration du très riche décor du site de Casanova, dont l’inauguration a constitué un moment fort du colloque.
Si les productions picturales de la ville de Chartres sont ainsi à l’honneur, l’actualité de la recherche fait une large place aux nouvelles découvertes réalisées dans d’autres agglomérations des Gaules et des Germanies. Des villes déjà riches en peinture romaine comme Narbonne, Périgueux, Soissons, Martigny, Saint-Romain-en-Gal ou Lyon voient ainsi leur corpus enrichis. On notera aussi des contextes de découverte moins fréquemment attestés que l’habitat, avec, par exemple, la zone de culte de Briga, les temples du Vieil-Évreux ou les hospitalia de Baden. Dans les campagnes, plusieurs villae ont livré des enduits peints fragmentaires, comme la villa de Keradennec dans le Finistère, celle du Magny à Port-sur-Saône (Franche-Comté) ou encore celle des Cléons à Haute-Goulaine (Loire-Atlantique). L’Hispanie est toujours aussi bien représentée, permettant de continuer à explorer les spécificités de la production picturale de cette province. Plusieurs séries de décors à réseaux provenant d’Espagne (Tarragone) et du Portugal (Boca do Rio et Faro) sont présentées, tandis que la peinture de Deuxième Style de la province fait l’objet d’une étude à travers des peintures retrouvées remployées dans les remblais pour l’édification de deux amphithéâtres, à Segóbriga et Ategua. Est aussi mise en évidence une mode décorative bien spécifique, au iie siècle dans la vallée de l’Èbre.
L’ouvrage compte également plusieurs enquêtes iconographiques sur des sujets variés : le motif des écailles, les femmes dans la peinture en Hispanie ainsi que la représentation des bijoux.
Enfin, les techniques de réalisation et les techniques d’étude conservent une place centrale dans la discipline. Plusieurs travaux s’intéressent ainsi aux matériaux et à la mise en œuvre des enduits, qu’il s’agisse des mortiers ou des pigments. Du côté des techniques d’étude, les apports de l’archéologie expérimentale, des recherches archivistiques et de l’imagerie multispectrale sont mis en évidence, montrant la diversité et la complémentarité des sources et outils disponibles pour l’étude de la peinture et des stucs d’époque romaine.
Mathilde Carrive est maîtresse de conférences en archéologie et histoire de l’art antiques à l’Université de Poitiers.
Alexandra Spühler est toichographologue aux Site et Musée romains d’Avenches et chargée de cours à l’Université de Lausanne.
Paolo Tomassini est chercheur qualifié du fonds de la recherche scientifique belge (FNRS) et professeur en archéologie romaine à l’Université catholique de Louvain.
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