Scripta Antiqua 132
Maigreur et minceur dans les sociétés anciennes. Grèce, Orient, Rome
Dans nos sociétés contemporaines, occidentales tout particulièrement, la tyrannie de la minceur est le reflet de codes esthétiques, associés à ce que nous appelons un corps sain. Cet idéal à atteindre peut conduire à des comportements extrêmes et entraîner de graves troubles du comportement alimentaire (anorexie, boulimie). Quelles représentations et conceptions avait-on dans l’Antiquité, dans des sociétés préindustrielles, souvent menacées par la famine, de la maigreur et de la minceur ? Étaient-elles valorisées, cachées ou redoutées ? En Égypte, en Mésopotamie, au Proche Orient ou dans les mondes grecs et romains, que signifiait un corps amaigri, élancé ou fluet ? Quand et pour qui était-ce la norme ou, selon les contextes, le reflet d’une attitude marginale (ascèse, jeûne) voire d’un statut particulier (étrangers, prisonniers, esclaves) ? Rassemblant plus d’une vingtaine de contributions, en langues française et anglaise, cet ouvrage se penche pour la première fois sur la façon dont les Anciens concevaient la minceur et la maigreur, et donne au lecteur une vision renouvelée des rapports à la nourriture, des conceptions esthétiques et des statuts sociaux dans l’Antiquité, sur la longue durée et dans des sociétés très différentes.
Les études sur le corps et ses représentations dans l’Antiquité se sont considérablement développées depuis une trentaine d’années dans le monde anglo-saxon comme en France. La maigreur et la minceur ont cependant très peu été étudiées pour elles-mêmes, mais la plupart du temps en relation avec l’obésité et l’embonpoint, très souvent associés au luxe et à l’abondance chez les élites. Cet ouvrage, issu d’un colloque international pluridisciplinaire, propose d’aborder de manière spécifique la maigreur et la minceur dans l’Antiquité (du IIIe millénaire avant notre ère à la chute de l’Empire romain). Réunissant les contributions de plus d’une vingtaine de chercheurs, français et étrangers, ce livre cherche, pour la première fois, à définir ces deux notions sur le temps long et dans des contextes géographiques et culturels très différents, – l’Égypte, la Mésopotamie, le Proche-Orient, les mondes grecs et romains –, en utilisant des approches complémentaires (historique, iconographique, médicale, philosophique, littéraire, anthropologique, esthétique et théologique). Au moment où les questions autour de l’alimentation et des comportements alimentaires constituent une préoccupation croissante de nos sociétés contemporaines, de telles recherches, sans prétendre à l’exhaustivité, proposent une vision renouvelée des conceptions esthétiques, des statuts sociaux ou encore des rapports à la nourriture dans l’Antiquité. Elles ouvrent aussi la voie à une réflexion critique sur les origines et les enjeux du diktat de la minceur qui pèse actuellement sur les sociétés occidentales.
- volume
- 132
- Pages
- 405
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