Scripta Antiqua 72
La Passio sanctae Salsae (BHL 7467). Recherches sur une passion tardive d’Afrique du Nord
Date de parution : 01/04/2015
Scripta Antiqua 142
Vit-on vraiment dans une époque de décadence et si oui, depuis quand ? Quelle est la différence entre crise et décadence ? Quelles ont été les étapes, les symptômes et les causes de la « maladie » de la décadence ? Dieu ou ses agents ont-ils une place dans la formation de l’histoire humaine ? La crainte d’un ennemi extérieur peut-elle mettre les États à l’abri du déclin ? La nature de l’homme le rend-il apte à intervenir pour changer l’histoire ? Y a-t-il une issue à la décadence ou va-t-elle mener à la fin de la société humaine ? Ces questions philosophiques ne sont pas seulement celles de l’homme contemporain. Les auteurs antiques se les posaient déjà. Les historiens romains, Salluste et Tite-Live les ont prises comme point de départ pour créer, peut-être pour la première fois dans l’histoire humaine, leurs propres histoires du progrès et du déclin de la res publica romaine. Leurs réponses à ces questions constituent le sujet abordé par ce livre.
Cette étude explore dans une perspective comparative la présentation historique et l’interprétation philosophique de la décadence de la res publica chez Salluste et Tite Live. Dans la première partie, il est montré que Salluste et Tite-Live sont les premiers auteurs à avoir choisi comme thème central de leur récit le progrès et la décadence d’une cité. À travers un examen précis des étapes de la décadence chez les deux auteurs, il est remarqué que Tite Live apporte constamment des corrections à la théorie de Salluste. Le schéma d’aucun des deux historiens ne se conforme à une vision cyclique ou linéaire du temps. La représentation biologique de la cité montre aussi que les hommes sont les seuls responsables pour la maladie de la décadence. Or, la reprise du progrès, selon une conception cyclique et la guérison du corps de l’État sont évoquées comme perspectives seulement par Tite-Live. La deuxième partie est consacrée aux causes de la maladie de la décadence, et la troisième à la guérison de la res publica. Trois facteurs sont examinés en détail : les facteurs « divins », le metus hostilis et la nature humaine. Tite-Live renverse l’analyse de plus en plus pessimiste de Salluste, et réintroduit l’homme en tant que facteur principal de l’histoire et comme responsable de la décadence. Dans la troisième partie, leur vision différente de l’avenir de Rome est mise en lumière, à travers l’étude de la position politique et de la fonction exemplaire de l’œuvre des deux historiens. Il en ressort que Tite-Live adopte les catégories sallustéennes d’analyse, mais conçoit sa propre présentation et interprétation de la décadence en réponse à son devancier, dont il renverse les théories.
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