Scripta Antiqua 32
Rome, la dernière République : recueil d'articles de François Hinard
Date de parution : 01/01/2011
Scripta Antiqua 165
Les textes ici rassemblés proposent d’apporter de nouveaux matériaux à l’appui de l’interprétation de l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien, texte primordial pour la compréhension du Principat romain. De fait, cette « encyclopédie » peut être considérée comme un véritable inventaire du monde romain autour du Ier siècle p.C. Dans son travail de compilation savante et avisée, Pline ne s’est pas limité à la collation d’informations tirées des auteurs romains et « étrangers » (en fait, des Grecs) ; il a régulièrement mis en valeur les premiers, afin de s’affranchir du poids des autorités grecques et de présenter le monde vu par un Romain, en donnant la priorité à la dimension géographique : de l’Afrique du nord au Caucase et à l’Iran, en passant par la Grèce, l’Asie mineure et l’Égypte. Sans négliger, bien entendu, Rome ni l’Italie.
Empruntant l’expression créée par le latiniste italien Gian Biagio Conte et popularisée dans la littérature scientifique par l’historien français Claude Nicolet, l’Histoire naturelle de Pline l’Ancien (C. Plinius Secundus, 23-79 p.C.) peut être considérée comme un véritable « inventaire du monde » romain autour du Ier siècle p.C. Cette appréciation ne se limite pas aux livres 3-6, consacrés à la géographie. En fait, les 37 livres de cette œuvre qui transmit au Modernes le savoir des Anciens peuvent être utilisés entre autres dans une perspective à la fois géographique et ethnographique. Car Pline, dans son travail de compilation savante et avisée, conduit avec une discipline de fer (son neveu et fils adoptif Pline le Jeune le raconta dans une célèbre épître : « il avait un génie vigoureux, une ardeur extraordinaire, une très grande puissance de veille. Il commençait à travailler à la lumière (…) pour s’assurer non d’heureux auspices, mais le temps d’étudier, et cela une fois la nuit bien tombée » Lettres, III, 5), ne s’est pas limité à rassembler des informations tirées des auteurs romains et « étrangers », pour la plupart des Grecs, mais a régulièrement mis en valeur les premiers, dans l’ambition de s’affranchir du poids des autorités grecques et de présenter le monde vu par un Romain.
C’est sur le double aspect d’héritage culturel et de recension, deux dimensions généralement associées au terme d’inventaire, que nous avons voulu insister pour donner les lignes directrices de ce recueil d’articles, issu d’un séminaire tenu à Paris-Sorbonne (Sorbonne Université depuis 2018), au premier semestre de l’année universitaire 2016/2017. De l’Afrique du nord au Caucase et à l’Iran, en passant par la Grèce, l’Asie mineure et l’Égypte (sans négliger, bien entendu, la ville de Rome ni l’Italie), nous proposons une série de contributions dans le but d’apporter de nouveaux matériaux à l’appui de l’interprétation d’un texte fondamental pour la compréhension du Principat romain.
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