Un recueil d'épigraphie africaine établi par F. Ximenez et son étude par Scipione Maffei
Hernán González Bordas
Cet ouvrage est le fruit de l’heureuse découverte d’un manuscrit considéré comme perdu depuis presque trois cents ans. Il contient un recueil d’inscriptions latines de l’Afrique proconsulaire rédigé par Francisco Ximenez de Santa Cathalina, le plus important explorateur européen du Maghreb à son époque. Ce manuscrit, qui a voyagé de Tunis à Vérone puis à Nîmes, nous apprend que son auteur était directement relié à l’antiquarisme européen et à la République des Lettres. En effet, il constitua la partie concernant l’Afrique du Nord du projet de Scipione Maffei, qui planifia un Corpus Inscriptionum Latinarum un siècle avant la lettre. Cette monographie apporte un nouvel éclairage sur la réception des antiquités africaines au xviiie siècle tout en fournissant des informations inédites sur les monuments épigraphiques.
Ce livre s’occupe d’un manuscrit inédit du XVIIIe siècle récemment découvert à Nîmes, rédigé en castillan et contenant un recueil d’inscriptions latines de l’Afrique proconsulaire. Son étude nous plonge dans l’histoire de l’épigraphie et de la réception de l’Antiquité, tout comme dans celle des voyages et de la transmission des connaissances. Parallèlement, des informations à propos de nombreuses inscriptions reproduites dans le recueil, jusqu’ici inédites, permettent de se pencher sur l’histoire ancienne du Maghreb. L’auteur, Francisco Ximenez de Santa Cathalina, séjourna à Tunis entre 1720 et 1735 avec pour mission de s’occuper des chrétiens réduits en esclavage et fut loué par Theodor Mommsen pour ses capacités d’épigraphiste. Le recueil étudié est le fruit d’une riche période d’explorations durant lesquelles F. Ximenez fut ébloui par les antiquités de sites majeurs, notamment Thugga, Sufetula ou le Temple des Eaux près de Zaghouan. Il fut expédié à Vérone pour enrichir le corpusabsolutissimum d’inscriptions latines que Scipione Maffei ne put terminer. Ensuite, ses folios, désordonnés, finirent à Nîmes, parmi les liasses léguées à Jean-François Séguier.
Le premier chapitre de cette monographie replace F. Ximenez dans son contexte historique et intellectuel tout en retraçant le parcours de ses excursions. Dans le deuxième, un nouvel ordre des folios est proposé, en cherchant à rétablir la forme originale du recueil qui est transcrit et traduit au français dans le troisième chapitre. Le quatrième, en suivant les sites par ordre alphabétique, rend compte des inscriptions du recueil en comparant les descriptions et les variations de lectures avec celles d’ouvrages contemporains. On y analyse également le travail mené par S. Maffei sur le manuscrit. Le cinquième s’attarde sur ce savant italien, son grand projet épigraphique, ainsi que sur les possibles connexions entre lui et F. Ximenez. En même temps, on observe de près la réception des antiquités africaines en Europe et on redonne à F. Ximenez sa place dans l’antiquarisme du XVIIIe siècle.
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